Puis son corps a commencé à sentir. C'était horrible. Peu à peu, d'autres chevaux se sont éteints. De faim, de soif, de désespoir. Enfin le camion s'est arrêté. Ils ont ouverts le camion, la lumière m'a aveuglé. Les autres chevaux ont voulu sortir. Ils m'ont poussé. Je me suis tordu la cheville. ça m'a fais mal. Mais j'étais obligé d'avancer. Dans d'interminables couloirs hantés par le sang, la peur, la mort, j'ai entendu un cheval hennir. C'était Cannelle, ma chère petite Cannelle si courageuse. Puis on est arrivé dans une grande salle au plancher de fer. Ils ont fermé la porte et nous ont laissé là. Sans eau, sans nourriture. Peu à peu, plusieurs chevaux se sont éteints. Ma Cannelle aussi. Ensuite, ils sont venus me chercher et m'ont emmené dans une salle où l'odeur, l'ambiance m'a fait paniquer. Je me suis cabré. Puis il est entré. J'ai reçu un grand coup de gourdin dans les jambes. Je suis tombé. Et c'est la que j'ai compris. J'ai eu mal au coeur. Mais trop tôt, le noir est arrivé. Le Noir.
Je tiens à souligner que cette histoire ne comporte AUCUNE éxagération.
Tous les jours, 850 chevaux vivent ça. Il faut réagir.